
Le bilan social est l'ensemble des indicateurs sociaux rétrospectifs (N, N-1, N-2) que les entreprises de plus de 300 salariés doivent présenter au CSE. Aujourd'hui, il est techniquement intégré à la BDESE.
En 2026, de moins en moins de personnes rédigent un "Bilan Social" à la main sous forme de document PDF isolé.
C'est souvent une confusion courante. Depuis les ordonnances Macron, l'obligation de produire ces données existe toujours pour les entreprises de plus de 300 salariés, mais le support a changé : c'est la BDESE qui fait foi.
Pourtant, beaucoup d'équipes RH continuent de double-saisir les données ou de se perdre entre le Bilan Social (collectif), la BDESE (la base légale) et le BSI (le document individuel pour les salariés).
Ce guide a une vocation : vous aider à dépasser la contrainte légale. Nous verrons ce qu'il doit contenir et comment l'automatiser pour gagner du temps.
Qui est concerné ? Le seuil des 300 salariés
C'est la règle d'or. Produire et présenter les indicateurs du bilan social est obligatoire dès que l'effectif habituel de l'entreprise atteint 300 salariés.
- Moins de 300 salariés : Pas d'obligation de bilan social distinct (mais des données à fournir via la BDESE).
- Multi-établissements : Les indicateurs doivent être produits et établis pour chaque établissement de +300 salariés, en plus du bilan global.
Bilan Social, BDESE, BSI : On clarifie tout
Avant de parler d'indicateurs, il faut dissiper le flou qui règne souvent sur ces acronymes.
1. Le Bilan Social
C'est le contenu. Le Code du travail (art. L.2312-28) impose aux entreprises de +300 salariés de compiler des indicateurs précis sur l'emploi, la rémunération et la santé, avec une profondeur historique de 3 ans.
- Est-ce obligatoire ? Oui.
- Est-ce un document à part ? Non, plus nécessairement. C'est une "vue" de votre BDESE.
2. La BDESE
C'est le support. La Base de Données Économiques, Sociales et Environnementales est le réceptacle unique de toutes vos informations obligatoires.
- Le lien avec le Bilan Social : Le Bilan Social correspond, grossièrement, à la partie "Investissement Social" de la BDESE, mais avec une exigence de présentation spécifique au CSE.
3. Le BSI
À ne pas confondre ! Le Bilan Social Individuel est un document facultatif remis à chaque salarié pour valoriser son package de rémunération (salaire + mutuelle + avantages).
- La nuance : Si un salarié vous demande "le bilan social", il veut souvent voir son BSI. Mais la loi l'autorise théoriquement à demander le bilan social global de l'entreprise.
Les 7 chapitres incontournables
Même si vous ne rédigez plus un document "papier", vous devez vérifier que votre BDESE contient bien les données suivantes pour valider l'obligation "Bilan Social".
1. Emploi
C'est la photographie de votre main-d'œuvre. Au-delà du simple effectif, c'est ici que vous devez analyser l'ancienneté moyenne pour comprendre la fidélité de vos collaborateurs.
- Indicateurs clés : Effectif total (répartition par sexe, âge, ancienneté), nombre d'embauches (CDI, CDD), départs (démissions, licenciements), taux d'absentéisme, recours à l'intérim.
2. Rémunérations et charges accessoires
Souvent le chapitre le plus scruté par le CSE. Il ne s'agit pas seulement de lister les salaires, mais de prouver votre équité. C'est le lieu idéal pour démontrer vos efforts pour réduire les écarts de taux d'augmentations F/H.
- Indicateurs clés : Montant des rémunérations, hiérarchie des salaires, piloter finement la masse salariale (globale et par catégorie), participation, intéressement, épargne salariale.
3. Santé et sécurité
Un chapitre critique en 2026, avec une attention accrue sur la QVCT (Qualité de Vie et des Conditions de Travail).
- Indicateurs clés : Accidents du travail (nombre, fréquence, gravité), maladies professionnelles, dépenses en matière de sécurité, existence d'un CSSCT.
4. Autres conditions de travail
Ce chapitre reflète l'organisation du travail au quotidien.
- Indicateurs clés : Durée du travail, organisation des horaires (temps partiel, forfait jours), heures supplémentaires, dépenses d'amélioration des conditions de travail.
5. Formation
L'investissement dans le capital humain.
- Indicateurs clés : Budget formation (montant consacré), nombre de stagiaires, nombre d'heures de stage, répartition par catégorie professionnelle.
6. Relations professionnelles
Le baromètre du dialogue social. C'est aussi ici que vous pouvez valoriser vos efforts pour structurer votre démarche DEI (Diversité, Équité, Inclusion).
- Indicateurs clés : Composition du CSE, nombre de réunions, accords d'entreprise signés, nombre de personnes dédiées aux activités sociales et culturelles.
7. Autres conditions de vie relevant de l'entreprise
- Indicateurs clés : Activités sociales (logement, transport, restauration), dépenses pour les œuvres sociales du CSE.

Comment construire votre bilan social (ou BDESE): Méthodologie
1. La collecte des données
C'est l'étape la plus chronophage. Traditionnellement, elle implique d'exporter des données disparates (Paie, SIRH, fichiers Excel).
Utilisez la DSN (Déclaration Sociale Nominative) comme source unique de vérité OU connectez vos sources de données à un outil de Business Intelligence comme Reflect afin de centraliser vos données et d’automatiser 90% de la collecte des indicateurs légaux (effectifs, rémunérations, absentéisme).
2. Fiabilisation et Calcul
Un chiffre faux peut discréditer l'ensemble du rapport devant le CSE.
- Nettoyage : Vérifiez la cohérence des catégories socio-professionnelles (CSP) et des motifs de départ.
- Historisation : Assurez-vous que les méthodes de calcul sont identiques sur N, N-1 et N-2 pour que la comparaison ait du sens.
3. Consultation du CSE et Diffusion
Le respect du calendrier est impératif pour éviter le délit d'entrave.
- Envoi du projet : Au plus tard le 15 avril (ou 4 mois après la clôture de l’exercice).
- Réunion préparatoire (optionnelle) : Pour clarifier les indicateurs complexes.
- Réunion plénière : Le CSE rend son avis.
- Diffusion : Une fois validé, le bilan social doit être tenu à la disposition de tout salarié qui en fait la demande, et envoyé à l'inspection du travail (dans les 15 jours suivant la réunion) ainsi qu'aux actionnaires.
Au-delà du légal : comment utiliser les données de votre bilan social ?
Un chiffre brut ne veut rien dire s'il n'est pas comparé. En 2026, votre bilan social doit dialoguer avec les réalités du marché pour orienter vos décisions.
1. Rémunération : Êtes-vous compétitif ?
Le chapitre "Rémunération" est souvent source de tensions. Pour l'objectiver, ne regardez pas seulement votre masse salariale brute, mais son évolution face à l'inflation et au marché.
- La donnée marché 2025/2026 : Selon les prévisions de WTW (Willis Towers Watson), les budgets d'augmentations salariales en France se stabilisent autour de 3,5%.
- L'action RH : Si votre bilan social affiche +1,5% alors que vos concurrents sont à +3,5%, vous avez un risque majeur de fuite des talents. De plus, avec l'arrivée de la transparence des salaires, vos collaborateurs auront bientôt les moyens de comparer. Utilisez ces données dès maintenant pour ajuster vos grilles.
2. Attractivité : Le lien avec le recrutement
Votre bilan social montre un turnover élevé ? Croisez cette donnée avec votre capacité à remplacer les partants. C'est le moment d'optimiser votre vitesse de recrutement.
- La donnée marché : L'Apec note un ralentissement du recrutement des cadres (-4% en 2025), mais une tension toujours forte sur les profils experts.
- L'action RH : Si votre "Time to Fill" explose dans votre bilan social, c'est le signe que votre marque employeur ou vos grilles de salaires ne sont plus alignées.
3. Climat social : L'urgence de l'engagement
Les indicateurs de "Relations professionnelles" (grèves, réunions CSE) sont des signaux faibles.
- La donnée marché : Le rapport State of the Global Workplace de Gallup reste alarmant pour la France, avec un taux d'engagement des salariés souvent inférieur à 10%.
- L'action RH : Ne subissez pas ce chiffre. Profitez du bilan social pour structurer votre démarche DEI. Une politique volontariste sur l'égalité des chances est un levier prouvé pour rebooster l'engagement et la fierté d'appartenance.
3 erreurs qui rendent votre bilan social inutile
Erreur n°1 : Les Incohérences
Rien n'est plus gênant qu'un élu du CSE qui pointe une différence entre l'effectif du chapitre 1 et celui du chapitre 7.
- La cause : L'utilisation de multiples fichiers Excel et d'extractions manuelles (Silae, Lucca, Excel...) qui ne sont pas "nettoyées".
- La solution : Connectez votre outil de BI directement à vos sources de données ou passez par les DSN. Si la donnée est juste en paie, elle sera juste dans votre bilan social.
Erreur n°2 : Le manque de contexte
Livrer un PDF de 80 pages de chiffres bruts est indigeste. Dire "nous avons 12 démissions" ne signifie rien.
- La solution : Contextualisez. "Nous avons 12 démissions, soit une baisse de 10% par rapport à N-1, alors que le secteur subit une hausse de 5%".
Erreur n°3 : L'oubli de la communication
Le bilan social est souvent "enterré" après la réunion CSE. C'est du gaspillage.
- La solution : Créez une version "synthèse" (une infographie d'une page) pour vos salariés. Montrez-leur que l'entreprise investit en formation, qu'elle promeut l'égalité et qu'elle redistribue la valeur. C'est un outil puissant de marque employeur interne.
Conclusion
En 2026, l'enjeu n'est pas de produire un PDF, mais d'avoir une donnée sociale fiable, centralisée et accessible via votre BDESE/ bilan social. C'est la seule manière de transformer une contrainte légale en levier de pilotage RH.
Vous voulez générer votre Bilan Social et votre BDESE sans aucun fichier Excel ? Chez Reflect, nous connectons tous vos outils (Paie, SIRH) pour générer vos rapports légaux automatiquement.




